Description du site

Des millénaires de bouleversements dans un environnement presque immuable

Un millier de siècles ont été nécessaires à l’homme pour construire des embarcations. Les premières voiles sont probablement apparues sur ces embarcations il y a une centaine de siècles. Ces nombreux siècles de balbutiements ne seront peut-être jamais précisés, et on ne peut que retenir le IVe millénaire av. J.-C. pour dater « l’invention » du bateau à voile en tant qu’outil disponible et peu à peu perfectionné, attestée par des représentations.

À la suite de cette « invention », et pendant quarante siècles, les voiles carrées de bateaux poussés par le vent parcourent les mers et permettent de développer les relations, commerciales ou guerrières, entre les hommes. Peu à peu, et durant huit siècles, l’apparition de nouvelles voiles sur des embarcations adaptées à leur zone de navigation fait naître des navigations différentes dans des espaces éclatés, en Europe du Nord, en Chine, dans l’océan Indien. Les navigations polynésiennes, apparues antérieurement, se développent également dans un espace limité, même si ces limites sont celles du Pacifique, océan à lui seul aussi étendu que toutes les terres émergées.

À la Renaissance une nouvelle conception du monde apparaît : les cartes marines ne relèvent plus de la théologie et les progrès techniques permettent aux navires de s’approcher de la direction d’un vent contraire. Il devient possible d’aller en Amérique, et surtout d’en revenir. Alors que la Chine renonce à ses magnifiques flottes et se replie sur elle-même, les voiliers des pays européens imposent sur les mers et les continents la domination de l’Europe. En quatre siècles, la voile bouleverse l’histoire du monde.

Bientôt les voiles se multiplient et les grands voiliers portent durant deux siècles la voile à son apogée. Ces grands voiliers de guerre, de commerce et d’exploration achèvent la découverte des espaces terrestres, leur apportent parfois un nouveau peuplement. Après avoir fait basculer l’histoire du monde, la voile fixe une nouvelle image du monde.

La période de gloire est courte. Dès le milieu du XIXe siècle les paquebots à vapeur qui traversent l’Atlantique sonnent le glas de la grande marine à voile. Durant un siècle, la voile est confinée au trafic côtier ou reléguée à être un modeste appoint du bateau à moteur. La voile est-elle condamnée à disparaître, laissant dans l’imaginaire collectif le souvenir des grands voiliers et de la caravelle de Colomb ?

La période durant laquelle la voile disparaît presque totalement est encore plus courte que sa période d’apogée. En quelques dizaines d’années, la voile développe sa propre raison d’être : faire de la voile. À la fin du XXe siècle il n’y a jamais eu autant de voiles sur les mers. La plaisance et la compétition marquent-elles l’avènement d’une prochaine « civilisation des loisirs »?

Face à la détérioration d’un environnement qu’on ne peut plus qualifier d’immuable, l’intérêt pour la voile développe la recherche. Des cargos à voile commencent à naviguer, des voiliers-drones cherchent à lutter contre la pollution et étudient cette mer dont dépend notre avenir. Depuis quelques années, aller plus vite que le vent n’est plus une prouesse pour certains bateaux à voile qui atteignent deux à trois fois la vitesse d’un vent qui ne se contente plus de les pousser. Bientôt, ce bateau deux fois plus rapide que le vent pourra voler et se passer de marins embarqués.

Et pour l’avenir ? Des bouleversements futurs sont certains même s’ils sont difficiles à prévoir. Mais pourquoi l’histoire de la voile s’arrêterait-elle sur une Terre dont plus des deux tiers de la superficie sont de l’eau ?

Présentation et organisation du site

Le site s’organise, pour chacune des dix périodes retenues, en trois niveaux :

  • Une présentation générale, qui souligne les caractères spécifiques de la période et déroule le fil conducteur qui lie ces dix périodes (pages de couleur saumon).
  • Un approfondissement en quelques pages de chacune des périodes (pages de couleur bleu pâle).
  • Des compléments propres à chaque période (pages de couleur turquoise claire) qui approfondissent des points particuliers,  présentent des points de vue différents, affichent des indications sur la bibliographie et les crédits photographiques de la période concernée. Des liens hypertextes lient ces compléments au développement de chaque partie. Ces compléments peuvent être développés sans autre limite que l’intérêt direct avec les deux autres niveaux.

Des notes permettent de développer certains thèmes : L’accélération de l’histoire ; La ou les civilisations ; La crise du monde moderne : une « crise polymorphe”.  Un tableau des repères chronologiques, une bibliographie générale et un glossaire complètent l’ensemble. Un « Sommaire interactif » dans le bandeau supérieur facilite la navigation sur l’ensemble du site.

Cherchant à présenter une évolution sur plusieurs millénaires ce site, même s’il se limite à la navigation à voile, ne peut être qu’un survol et n’a pas de prétention scientifique. Traiter à la fois de la navigation dans l’Égypte ancienne, des bateaux vikings, des flottes chinoises du XVe siècle, des clippers du XIXe siècle, des voiliers qui dépassent maintenant largement le « mur du vent » et des voiliers-drones suppose une approche limitée de chacun de ces domaines. Il n’est même pas possible d’intégrer tous les meilleurs écrits des spécialistes qui ont souvent consacré de nombreuses années à leurs recherches, et cette intégration ne peut se faire sans erreurs. L’Histoire elle-même peut faire l’objet d’approches différentes et ces approches évoluent au cours du temps. L’objectif de ce site est donc moins d’être une référence pour chaque période et chaque territoire pris en compte que de rechercher un fil conducteur qui permette de s’interroger sur le temps long des évolutions passées et sur le futur dont elles sont porteuses.

Ce site se veut ouvert et laisse à chacun la possibilité d’apporter des compléments ou des observations. La structure en trois niveaux adoptée pour le site permet d’intégrer des compléments à certaines parties, alors que d’autres seront moins développées.

Pour la réalisation du site, l’auteur a eu recours aux compétences de Jean-Michel Picard. Ses observations sur le contenu ont également été précieuses.

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